28/10/2018

La tricheuse de Guy Des Cars

la tricheuse
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Résumé

Edith, belle et élégante jeune femme a tout pour plaire aux hommes. Geoffroy ne déroge pas à la règle, il tombe sous son charme mais le seul hic, elle est la fille d’Ida, ancienne maîtresse de Geoffroy. Suite à une dispute houleuse entre eux, Ida s’en va sans prévenir son amant.
Si au départ Geoffroy reste subjugué par autant de ressemblance entre mère et fille et éprouve quelques scrupules face aux sentiments ressentis envers la fille de son ex maîtresse, le rapprochement d’Edith a eu raison de lui. Ils se marient très rapidement et s’envolent pour la lune de miel, mais rapidement l’ombre d’Ida vient planer entre les jeunes mariés. Des lettres sont envoyées au couple, troublant leur quiétude, les informant de la grave maladie d’Ida. Geoffroy décide donc de rendre visite à sa belle-mère, contre la volonté d’Edith.
Mais Geoffroy n’aurait pu jamais laisser son ancienne maîtresse récemment devenue sa belle-mère dans une telle situation, il décide de partir et de revenir le plus tôt possible auprès de sa femme. Mais le sort en a décidé autrement, malheureusement pour lui, à son retour il apprend que sa femme a disparue, quelques instants plus tard il est informé de sa mort, le cadavre a été repêché d’un lac.

Mon avis

La tricheuse parle d’amour, un amour passionnel entre des personnes de deux générations différentes. Un amour, qui même après la mort demeure intact. Mais autant il est beau, autant il a été source de perdition et  a conduit à l’irréparable.
La tricheuse fut l’un des premiers romans que j’ai lu quand je me suis mise à la lecture pour adulte. Il avait tellement marqué mon esprit de fillette d’à peine douze piges, que je n’ai jamais pu l’oublier. Vous savez, un peu comme quand vous découvrez et aimez une musique puis elle vous revient sans cesse à l’esprit, et vous ne pouvez vous empêcher de la fredonner sans arrêt. Je l’ai relu pour revivre les émotions de la première fois en oubliant que, rien n’est comparable à la surprise et aux émotions des premières lectures. Même si mon esprit beaucoup plus mature a trouvé certains détails beaucoup moins fascinants qu’à la première lecture, l’histoire et l’intrigue sont demeurées telles. J’ai repris plaisir à parcourir les mots et la manière dont Guy des cars, dissimule au lecteur le suspens autour duquel a été bâtie l’histoire, ce qui renforce la surprise au moment du dénouement. Diverses émotions à la lecture de cette histoire, mais j’ai surtout ressenti de la peine pour Geoffroy, allez savoir pourquoi.

Par respect pour l’auteur et son intrigue je ne m’attarderai pas là dessus. Et vous méritez de lire et de savourer vous-même toutes les émotions que fait ressentir cette histoire. Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et j’attends vos commentaires.

30/09/2018

Yèmi ou le miracle de l’amour d’Adélaïde FASSINOU

Je suis là ! Ah non, pas à la Clélie Avit hein. Il faut dire que ce bouquin m’a transporté, ce fut incontestablement l’une de mes lectures coup de cœur (le résumé ici). Je voulais plutôt dire que je suis de retour après ma courte absence, c’était une décision plus ou moins subite. C'était assez difficile au début car le réseau était difficile d’accès la connexion encore plus, néanmoins c’était intéressant de pouvoir se retrouver parmi d’autres réalités, d’autres personnes et de vivre d’autres aventures.
Une fois rentrée, je suis tombée sur un roman que ma mère s’est procuré récemment. Je pense que le fait d’avoir côtoyé des enfants ces derniers temps et d’avoir ressenti cette nostalgie de l’enfance m’a poussée à faire le choix de lire ce roman jeunesse.

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Roman jeunesse

Histoire

Yèmi ou le miracle de l’amour, raconte l’histoire d’une "vidomègon" qui quitte son village pour la ville de Cotonou, mais elle est une "vidomègon" pas comme les autres, pas comme celles qui subissent maltraitances physique et verbale. Ici, Yèmi est traitée avec égard, gentillesse et dignité. Sous la pression constante de Josaphat le benjamin de la famille qui ne cesse de chanter les droits de l’enfant, elle est envoyée à l’école et prend un réel plaisir à s’instruire. Josaphat devient très vite son frère d’adoption et son ami. Peu à peu Yèmi prend ses marques dans la famille et s’intègre. Elle goûte au bonheur des filles de son âge et grandit en s’épanouissant pour le plus grand bonheur de la famille KOUMI. Quand elle retourne dans son village pour les vacances, elle s’entend bien changer les idées des uns et des autres quant à la pratique du mariage précoce dont ses amies risquent d’être victimes.

Ce que j’en pense

Livre agréable à lire, dans un langage facile, mais sans grande intrigue. Je pense que mon esprit, rôdé par les ambiguïtés romanesques de mes lectures habituelles, m’a joué des tours pendant cette lecture, me faisant oublier que je suis face à un roman jeunesse, donc évidemment peu intrigante. L’auteure a revisité le concept de « vidomègon » autrement en soulignant et en mettant l’accent sur ce qui devrait être dans notre société; personne n’a le droit de maltraiter un autre être humain et encore moins un enfant, et cela, elle le fait remarquer à travers la voix du petit Josaphat, incitant ainsi les enfants à prendre exemple sur lui. C’est donc un appel à la conscience des uns et des autres sur ce phénomène de maltraitance des enfants placés qui se doit de disparaître, et ce, à travers plusieurs passages ponctués par des recommandations et des déclarations des droits de l’Homme et des enfants. Ce fut assez distrayant et agréable surtout avec le personnage fougueux qu'incarne le petit Jo et celui rêveur de la petite Yèmi. Bref, il est à recommander, pas que pour les enfants.

11/08/2018

Une si longue lettre, Mariama Bâ, résumé et avis

Avez-vous lu une si longue lettre de Mariama Bâ  ?

photo du livre "une si longue lettre"

Résumé

Œuvre épistolaire au ton satyrique, Une si longue lettre,  de Mariama Bâ parue aux éditions « Les Nouvelles Editions Africaines du Sénégal » en 1979, est un récit de 164  pages dans lequel Ramatoulaye raconte à son amie d’enfance Aïssatou, son vécu depuis le décès de son mari Modou Fall jusqu'à la fin de son veuvage. Avec mélancolie et nostalgie, elle replonge dans leurs souvenirs communs où toutes deux jeunes innocentes rêvaient de changer le monde. Le roman ponctué également par des souvenirs beaucoup plus personnels décrit un Modou Fall romantique et amoureux, contraire à celui qu’il est devenu après 30 ans de mariage. Mais rien n’avait préparé Ramatoulaye à ce retournement de situation, se retrouver non pas trahie mais abandonnée après trois décennies de vie à deux, et douze enfants. Elle reçoit cette nouvelle non de la bouche de son mari mais par l’intermédiaire de trois hommes qu’on ne saurait nullement, vous en conviendrez avec moi, les juxtaposer aux trois rois mages, car venus tels des oiseaux de mauvaises augures, ils sont porteurs de la nouvelle qui sonnerait le glas de la paix et de la tranquillité d’esprit de Ramatoulaye.
Et cette jeune mariée, Binetou qui n’est autre que l’amie de leur fille aînée Daba s’est mariée juste pour assouvir la cupidité de sa mère qui rêvait d'une belle vie. Ramatoulaye ne divorce pas, bien qu'ayant sous ses yeux la vision de la toute nouvelle famille construite sur les débris de son mariage.
De l'autre côté, Aïssatou, digne fille de bijoutier, indigne aux yeux de sa belle-mère, ne fait pas le poids. Alors a commencé la préparation d’un mets par belle-mère, mets connu de tous qui n’exprime toute sa saveur que froid : la vengeance. Et vous savez combien il faut de patience pour en venir à bout de la préparation de ce repas, belle-mère en est la preuve, elle ramène depuis le village Nabou, afin de faire son éducation et l’imposer à son fils. Deux amies, choix contraires. Ne pouvant cautionner cette trahison de son mari qui n’a pas su refuser une nouvelle femme, Aïssatou divorce et s’exile aux Etats-Unis avec ses quatre enfants.
Daba, symbole de modernité a une toute autre manière de voir et de vivre son mariage, pour elle si un conjoint n’est plus satisfait de sa vie de couple il n’a pas à rester emprisonné dans son mariage. De l’autre côté Arame, Yacine et Dieynaba, trois autres des filles de Ramatoulaye vont dans la délinquance juvénile en fumant, au grand dam de leur mère. Elle n’est pas au bout de ses peines lorsqu’elle se rend compte que sa docile fille Aïssatou est enceinte, mais le cœur d’une mère étant toujours rempli d’amour et de compréhension, elle ne lui en tient pas rigueur surtout lorsque le fiancé de cette dernière répond présent à son appel.

Ce que j’en pense

Mariama Bâ, à travers son roman dénonce bien des maux malheureusement ancrés dans notre société : la jalousie, la polygynie, la marginalisation de la femme… bref elle retrace les conditions de vie de la femme africaine. Chaque événement de ce roman est décrit avec un tel détail qu’on a l’impression d’y être et de vivre les émotions de la narratrice.
Elle a voulu mettre en exergue le libre arbitre en faisant ressortir le choix opposé des deux amies, celle qui divorce après la trahison de son époux et celle qui ne lâche rien malgré l’abandon évident du mari.
Cependant tout le long de la lecture j’ai bien eu l’impression que cette œuvre est une autobiographie quelque peu dissimulée. La connaissance de la biographie de l’auteur m’a confortée dans cette idée, et je pense que d’une part la vie d’Aïssatou moins mise en évidence dans l’œuvre est celle réelle de Mariama Bâ et d’autre part celle de Ramatoulaye sur laquelle elle s’est accentuée n’est rien d’autre que ce qu’aurait été sa vie si elle n’avait pas divorcée. Le caractère de Ramatoulaye m’a sidéré le long du roman, emblème de sagesse, non désespérée du fait d’avoir la cinquante et douze enfants elle aspire toujours à refaire sa vie, la preuve est qu’elle ne se jette pas tête baissée sur la proposition qui lui est offerte par Daouda Dieng, prétendant de jeunesse revenu réitérer son souhait de l’épouser après son veuvage.
J’ai raffolé ce bouquin du premier mot jusqu’au dernier avec au rendez-vous multiples sentiments : tristesse, peine, désolation mais comme bonus des frissons, alors si tu ne l’as pas lu, cours-y, point de déception.
N’eut-ce été la mort qui a interrompu assez tôt la carrière d’écrivaine de Mariama Bâ, nul doute que sa plume aurait fait naître maintes autres œuvres aussi distinguées que celle-ci.

Extraits

 «- Oui, Modou Fall, mais heureusement vivant pour toi, pour nous tous, Dieu merci. Il n’a fait qu’épouser une deuxième femme, ce jour. Nous venons de la mosquée du Grand-Dakar où a lieu le mariage.» P73
« Modou te remercie. Il dit que la fatalité décide des êtres et des choses : Dieu lui a destiné une deuxième femme, il n’y peut rien. Il te félicite pour votre quart de siècle de mariage où tu lui as donné tous les bonheurs qu’une femme doit à son mari. Sa famille, en particulier moi, son frère aîné, te remercions. Tu nous as vénérés. Tu sais que nous sommes le sang de Modou.» P73
« Le mariage n’est pas une chaîne. C’est une adhésion réciproque à un programme de vie. Et puis, si l’un des conjoints ne trouve plus son compte dans cette union, pourquoi devrait-il rester ? Ce peut être Abou (son mari), ce peut être moi. Pourquoi pas ? La femme peut prendre l’initiative de la rupture.» P137
« Je n’étais donc pas trompée. Je n’intéressais plus Modou et le savais. J’étais abandonnée : une feuille qui voltige mais qu’aucune main n’ose ramasser, aurait dit ma grand-mère ».
« Je t’avertis déjà, je ne renonce pas a refaire ma vie. Malgré tout – déceptions et humiliations, l’espérance m’habite. C’est de l’humus sale et nauséabond que jaillit la plante verte et je sens pointer en moi des bourgeons neufs.»
 « Le mot bonheur recouvre bien quelque chose, n’est-ce pas ? J’irai à sa recherche. Tant pis pour moi si j’ai encore à t’écrire une si longue lettre… »
A travers ces derniers paragraphes elle redonne espoir, malgré l’âge, les enfants, le statut de femme abandonnée puis veuve qu’il est possible de refaire sa vie.


03/08/2018

«Je suis là», à lire absolument

«Tout le monde pensait que c’était impossible. Un imbécile est venu qui ne le savait pas, et qui l’a fait.»


Auteur :   Clélie Avit
Genre :     Roman contemporain
Editions : JC Lattès
Pages :      250









Résumé
Thibault accompagne chaque semaine sa mère à l’hôpital pour rendre visite à son frère hospitalisé. Il refuse de lui rendre visite car il lui en veut d’avoir causé la mort de deux jeunes filles alors qu’il conduisait en état d’ivresse. Voulant accéder aux escaliers et attendre sa mère à l’extérieur il se trompe de chemin et se retrouve dans la chambre 52 où est allongée une jeune femme rattachée à tout un tas de fils. Elle, c’est Elsa, plongée dans le coma depuis vingt semaines, suite à un accident d’alpinisme, depuis six semaines Elsa n’est rattachée au monde des vivants que par un seul sens, l’ouïe. Elle entend tout ce qui se dit autour d’elle sans pour autant réagir au monde extérieur, c’est ainsi qu’elle se rend compte de l’intrusion de Thibault qu’elle accueille comme une bouffée d’air frais dans son quotidien monotone qui ne se résume qu’à la visite de ses parents, quelques amis et le personnel hospitalier. Très vite, Thibault devient l’arc-en-ciel plein de couleur d’Elsa et elle guette chacune de ses visites. Thibault de son côté se surprend à attendre avec impatience le moment où il pourrait rendre visite à la jeune femme et pouvoir discuter (ce qui est trop dire vu l’état comateux dans lequel elle se trouve). De plus en plus hébété par les sentiments qui l’animent envers la jeune fille au fil des jours, il se confie à son meilleur ami. Alors qu’il encaisse la réalité et s’avoue être amoureux d’Elsa il apprend que les médecins et ses proches n’ont plus aucun espoir quant à son rétablissement. Ils veulent la débrancher, Thibault lui garde toujours espoir et refuse d’accepter le sort d’Elsa, dans un ultime effort il lui demande de se réveiller.

Mon avis
« Je suis là », original comme titre n’est-ce pas ? Ce qui m’attire vers un livre, comme la plupart des gens c’est d’abord le titre, vient ensuite la couverture ou vice versa pour d’autres, et enfin le résumé qui vient donner une idée de ce qui m’attend. « Je suis là » m’a appelé, il était enveloppé d’un halo de mystère, il n’en disait pas assez, il a attisé ma curiosité. Clélie Avit à travers l’œuvre peint l’amour dans toute son innocence et dans toute sa pureté car s’il n’a suffit que d’une paire d’oreilles, d’une paire d’yeux, d’une conversation à sens unique et pour tout décor d’une chambre d’hôpital pour en arriver là, c’est que l’amour est un sentiment beaucoup plus désintéressé qu’on ne le pense.
Inévitable pour moi durant la lecture de voir en Elsa la belle au bois dormant et en Thibault le prince charmant, cependant loin des idéaux des contes de fées, j’ai su que seul un baiser ne suffirait pas à la ramener à la vie. Comparativement parlant, l’espoir, la persévérance et le courage dont Thibault a fait preuve y sont assimilables. Comment ne pas se réveiller du fin fond de l’abîme lorsque vous savez que vous attend quelque part un homme pour qui vous êtes autant importante et qui est prêt à se battre pour vous ?
Le roman le plus émouvant que j’ai lu depuis un bout de temps, j’ai eu peur, j’ai eu froid, j’ai eu mal pour Elsa, n’avoir rien d’autre que l’audition, entendre les médecins annoncer qu’il n’y a plus rien à espérer, voir les siens ou plutôt les entendre lâcher prise et perdre espoir, ça doit être insupportable, un peu comme quand on a une démangeaison sans pouvoir y faire grand chose. La bonne nouvelle est que tel le prince charmant sur son cheval blanc, Thibault est venu, armé de l’amour et de l’espoir pour la sauver de son profond coma.
Clélie Avit a voulu nous faire vivre à travers son œuvre la magie  de l’amour. Par le biais des deux protagonistes elle nous montre que l’amour n’a besoin de grand-chose pour éclore et fleurir.

Extrait
« J’interromps mes sanglots aussi brusquement qu’ils ont commencé. La voilà ma décision. Voilà comment je vais me battre. Je vais me battre pour moi, et je vais me battre pour elle. Je veux qu’Elsa se réveille et je veux me réveiller. Deux bouées de sauvetage qui travaillent de concert. » (Page 167-168)

24/07/2018

Avez-vous lu "tourbillons" d'Abdel Hakim AMZAT?









Auteur:     Abdel Hakim AMZAT
Genre :      Roman sentimental
Editions :   LAHA Editions
Pages :       124










Ce roman aurait pu être intitulé « Les sœurs rivales » mais son titre « tourbillons » tout en conservant un pan de mystère, reflète tout aussi bien l’atmosphère dans lequel sont imbriqués les trois protagonistes.

Résumé 
Abaké, belle demoiselle prépare son mariage avec le jeune Ola. Après huit ans d’absence, Abbey, demi-sœur d’Abaké rentre de voyage avec son fils Délé pour assister au mariage, mais aussi pour renouer avec son seul amour, le père de Délé. Mais c’est sans compter le sacré tour que va lui jouer le destin.
Le fiancé de sa sœur et le père de Délé ne sont qu’une seule et même personne. Choc terrible pour Abbey qui tombe très haut de son nuage et dont l’espoir fond comme neige au soleil. Mais encore plus pour Abaké qui n’a rien vu venir, à quelques jours de son mariage tout bascule. Elle décide de rompre avec Ola, ne voulant pas s’interposer entre sa sœur et lui. A mental fragile, elle tente de se suicider en s’ouvrant les veines, heureusement elle est sauvée de justesse. A sa sortie de l’hôpital, sous les conseils de son amie Monica, elle décide de lutter pour son amour. De son côté, Abbey apprend qu’en réalité Ola par amour pour elle, a détourné de l’argent afin de l’aider à réaliser son rêve, celui de voyager en France. La police à ses trousses, il trouve refuge au Ghana où il peinait à joindre les deux bouts jusqu’au jour où il fit la connaissance d’Abaké qui l’aida à rejoindre le Bénin. Tout doucement il fut conquis par la jeune femme et la relation converge naturellement vers le mariage, mariage qui était encore d’actualité avant l’arrivée d’Abbey.
Un combat discret débute alors entre les sœurs rivales, chacune voulant l’amour d’Ola.  Alors que le jeune homme se rendait compte de son amour demeuré intact pour Abbey et se décidait à renouer avec sa famille, il revient brusquement sur sa décision et poursuit les préparatifs de son mariage pour le plus grand bonheur d’Abaké et de sa mère. Lors de la cérémonie de dot, il vit Abbey et abandonne sa future femme au profit de la mère de son fils. Ola complètement perdu, plonge dans la démence.
Tous apeurés ils décident de rendre visite à un prêtre exorciste, le verdict est tombé, les deux femmes d’Ola sont directement liées à sa folie. Sous insistance du prêtre, les deux jeunes femmes avouent avoir été chez un marabout pour s’attirer l’amour d’Ola. Abbey, juste avant de voyager il y a huit ans, a voulu lier son destin à celui d’Ola afin que ce dernier ne cesse jamais de l’aimer. Abaké est allée voir un alpha pour reconquérir Ola suite aux conseils de Monica. Abbey, n’obtenant pas le résultat escompté, retourne à nouveau chez le vieux baba pour « réactiver » le sort qui ne semblait plus avoir aucun effet. Voilà donc Ola, tiraillé de gauche à droite tel un jouet.
Un jeûne de sept jours rassemblant le trio est demandé pour sauver le jeune homme. A l’issue de ce jeûne, une fois guérit, Ola devrait décider avec laquelle des deux sœurs demeurer. Selon vous sur quelle sœur se portera le choix d’Ola ?

Mon avis
La décision d’Ola envers Abbey est bien méritée, car de par son acte elle a perdue sa chance de le garder. La balance pesait plus de son côté si on tient compte de l’existence de Délé, et le sacrifice qu’Ola a fait pour elle (que je trouve au passage assez idiot)  au péril de sa liberté renseigne assez sur son amour pour elle. Elle le lui a rendu de la pire des manières car après tout l’amour, ce sentiment pur devrait être ressenti librement par chacun. Abaké aussi n’a eu que ce qu’elle méritait venant d’Ola, toutefois sa décision de mettre fin à sa vie est exagérée.
Belle histoire, fluide et accessible, dont le thème central abordé par l’auteur est « amour et rivalité », l’auteur fait ressortir le mythe de l’étranger dont font preuve plusieurs jeunes aujourd’hui à l’image d’Abbey, il fait également référence aux forces occultes, recours pour beaucoup d’africains pour forcer ou garder l’amour du conjoint. Par le scénario des deux sœurs très proches, mais devenues rivales, l’auteur semble souligner l’importance du sacrifice dans une famille, l’une des sœurs se serait retirer de ce triangle amoureux que la fin n’aurait pas été aussi tragique.
Personnellement à la fin je suis restée sur ma faim, j’aurai aimé savoir ce qu’est réellement advenue Abbey après qu’elle a été vu au côté du corps sans vie d’Abaké et accusée de l’avoir tuée. Sûrement l’auteur espérait que chaque lecteur puisse devenir l’espace de quelques minutes dans l’intimité de sa tête, brièvement un auteur. Ce que je me suis empressée de faire en imaginant Abbey disculpée pour rentrer en France afin de se reconstruire une nouvelle vie. Je pense que l’antécédent de suicide d’Abaké aidant, Abbey ne devrait pas avoir beaucoup de problèmes à être acquittée.
Une grande leçon que j’ai retenue à travers cette histoire : l’amour est un sentiment librement ressenti par chacun, et personne n’a le droit, en son nom de priver un autre de son libre arbitre. L’amour ne se force pas. Il vaut mieux être partisan du : « Si il est à toi il te reviendra assurément, sinon il ne l’a jamais été».




20/07/2018

Les fantômes du Brésil

« Le devoir de celui qui a tort, c’est de se taire pour ne pas en rajouter à l’irritation de son interlocuteur»




En plus de deux centaines de pages scindées en 21 chapitres, Florent COUAO-ZOTTI, narre dans son roman « Les fantômes du Brésil » une histoire d’amour à la Roméo et Juliette africaine. En fond de scène, l’une des villes du Bénin, Ouidah est celle où se déroule toute l’histoire. Spectatrice heureuse ou malheureuse, elle a vu naître, grandir et se perdre dans les flots de la mer qui la borde l’amour entre Anna-Maria et Pierre.

Amour qui n’était pas destiné à s’épanouir, car Anna-Maria Dolores do Mato, une Agouda, descendante d’anciens esclaves ne pouvait se lier d’amour à Pierre Kuassi KPOSSOU, fils des anciens vendeurs d’esclaves. Tout les oppose, cet amour n’a pas lieu d’être et c’est ce que s’évertuent Juliana do Mato mère d’Anna-Maria et ses trois fils à faire comprendre à Anna-Maria. Tout y passa, bastonnade de Pierre quand les trois fils do Mato les surprennent en plein ébat sexuel, menaces, enfermement de la jeune fille, et même la visite du père Elias, curé de la basilique de Ouidah pour faire entendre raison à la jeune fille, mais rien n’y fit. Elle s’enfuit, pour échapper à sa famille. Capturée par des malfrats puis sauvée par l’un d’entre eux, Adado, cousin de Pierre, elle retrouva son amoureux dans la forêt Kpassey, où il a trouvé refuge.

L’oncle Kpassey ramena les deux jeunes amoureux en ville et les laissa près de la maison des do Mato. Lors des funérailles de Manuel Luis da Gonceiçao, à la plage de Ouidah où tous étaient réunis, Anna-Maria et Pierre déguisés en Bourignan furent démasqués. La dernière tentative des amoureux pour se faire comprendre et vivre leur amour échoua, ils se perdirent dans les vagues de la mer après une lutte ardue contre les frères do Mato.


Ce roman écrit dans un beau style quoiqu’un peu soutenu, ne donne pas envie de le finir. A part l’amour, thème central, beaucoup d’autres y sont abordés, reflets de notre société : l’honneur, la tradition, la corruption, l’imposture, l’insécurité.  Il relate comme tant d’autres œuvres une histoire d’amour impossible, mais dont l’obstacle majeur ici repose sur des faits réels. D’aucuns verront ici, l’opportunité d’un « happy end » à la manière classique avec le fameux « Et, ils vécurent heureux jusqu'à la fin de leur jour », assurément seront-ils encore déçus, car l’auteur est bien demeuré dans le même esprit que William Shakespeare.
L’auteur veut nous montrer que l’amour transcende tout, même la mort, et il nous rassure de la victoire des deux amoureux en nous montrant dans les dernières pages, un pan de leur vie après la mort où ils pourront vivre leur amour en paix. Je veux bien adhérer à cette logique de bonheur et de vie après la mort.